Le commerce extérieur mexicain a considérablement évolué depuis la signature de l’accord de libre-échange Nord-américain (ALENA), entré en vigueur en 1994, et la série de traités commerciaux qui l’ont suivi. Aujourd’hui, plus de 90 % des échanges mexicains sont régis par des accords de libre-échange, qui englobent une quarantaine de pays. Conséquence de cette ouverture, le commerce extérieur représentait 52,6 % du PIB en 2010, contre 27 % en 1993. Depuis 1994, les exportations ont progressé annuellement de 12,6 % en moyenne et les importations de 11,4 %. Après une détérioration de son déficit commercial depuis 2006 et qui a culminé en 2008 avec 17,5 Mds USD, le Mexique a connu une amélioration avec un déficit de 3,1 Mds USD en 2010. Pour cette année, la balance commerciale pourrait même présenter un excédent de plusieurs milliards USD.
Le Mexique est la première puissance exportatrice d’Amérique latine pour un total de près de 680 milliards USD d’échanges (soit pratiquement l’équivalent du commerce extérieur cumulé du Brésil, de l’Argentine et du Chili) et se situe à la 16ème place au niveau mondial, avec 2 % de participation dans les exportations totales. La balance commerciale est pourtant négative avec toutes les régions du monde, à l’exception de l’Alena/Nafta. En dépit des efforts de diversification des débouchés notamment vers l’Asie, l’Amérique centrale et l’Union européenne, les exportations mexicaines ont été destinées à près de 80 % vers les Etats-Unis durant l’année 2011. Le Mexique a en outre joué trop longtemps la carte de l’assemblage final de composants importés (ensuite réexporté vers les E-U) au lieu de s’atteler à la création d’un secteur manufacturier à haute valeur ajoutée. Le secteur exportateur le plus dynamique est celui de l’automobile.
Le Mexique reste un ardent défenseur du libre-échange et a continué de négocier de manière bilatérale des accords de libre-échange. Ainsi, les négociations du TLC avec les pays d’Amérique Centrale et avec le Pérou ont été finalisées cette année et le Sénat mexicain vient de les approuver.
Les négociations visant à établir un « Accord d’Intégration Économique Bilatéral » entre le Mexique et le Brésil n’ont pas connu d’avancée en 2011, notamment en raison de la vive opposition d’une partie du secteur privé mexicain (principalement le secteur manufacturier et le secteur des fruits et légumes tropicaux). Durant les 7 premiers mois 2011, le commerce entre les deux pays a atteint 7,6 milliards USD, soit une augmentation de plus de 25% par rapport à la même période en 2009. Un tel accord ne ferait qu’augmenter les échanges commerciaux. Il est à noter que Mexique devrait connaître un excédent commercial avec le Brésil de près d’1/2 milliard USD en 2011, notamment en raison de l’appréciation du Real, ce, alors que la balance commerciale présentait un solde favorable pour le Brésil de manière ininterrompue depuis 2001.
En ce qui concerne les investissements directs étrangers, là aussi l’importance des Etats-Unis se fait remarquer. En effet, environ 2/3 des IED en 2011 proviennent des E-U. Le montant des IED reçus en 2011 (janv-sept) présente une diminution de 6,5 % par rapport à l’année 2010. Ce ne sera au plus tôt qu’en 2013 (voire 2015) qu’un niveau pré-crise (26 Mds USD) sera à nouveau atteint.
Il subsiste néanmoins de nombreux états très préservés, tels que Querétaro, Puebla, Guanajuato, Estado de México, etc. qui tous offrent d’énormes possibilités en ternes d’investissement, avec des réseaux de transport développés, des parcs industriels bien localisés et à proximité de la ville de Mexico et de son aéroport international, sans oublier un très agréable cadre de vie.
Les sociétés américaines sont, dans leur grande majorité, très satisfaites de leurs performances au Mexique ; elles ont d’ailleurs pris le parti d’accroître leurs investissements dans le pays aztèque, ce qui du même coup leur permet de diminuer leurs coûts de production dans un contexte international incertain et morose. Il en va de même de certaines sociétés européennes dont le plus important investissement allemand, à savoir Volkswagen, Puebla, situé à quelques dizaines de km au sud de la capitale, qui ne cesse d’accroître le nombre de modèles produits sur le site, la dernière en date étant la Beetle. Il en va de même pour Chrysler qui va produire la Fiat 500 pour le marché américain, l’AL et la Chine ! Peu à peu, l’usine Chrysler devrait compléter la production actuelle polonaise à destination du marché européen.
Il ne passe pas une semaine, sans l’annonce d’extensions d’investissements et de nouveaux investissements, essentiellement dans les domaines automobile, aéronautique et électronique.
Côté wallon, même si parmi les investissements belges ceux-ci sont minoritaires, depuis un an il y a de plus en plus de demandes pour des bureaux de représentation, voire des enquêtes de marché destinées à alimenter des études de faisabilité en vue de futures implantations industrielles. Le secret professionnel ne nous permet pas dans l’état actuel de faire état du nom des sociétés. Les investisseurs belges déjà établis au Mexique, qu’ils soient wallons ou flamands, nous confirment qu’Ils n’ont aucun regret par rapport à leur choix stratégique de s’implanter au Mexique et que si c’était à refaire, ils le referaient.
Chez Bombardier Mexique, on nous a confirmé les excellentes prestations des usines mexicaines avec des niveaux de productivité qui ont dépassé les niveaux de productivité canadiens, un an après la mise en service de leur usine de Querétaro. L’avionneur canadien vient d’inauguré sa 4ème usine, qui a nécessité 250 millions d’USD d’investissement. Il est prévu d’y investir encore 80 millions d’USD afin de pouvoir y assembler les prototypes du « Leaserjet 85 ». Le projet a été avancé de 3 ans sur son calendrier normal. Un autre investisseur américain de Tijuana dans le domaine des panneaux solaires flexibles nous a également confirmé que leur usine a atteint un niveau 0 de défauts de production. On est loin, très loin des clichés qui font du Mexicain un travailleur fainéant et peu productif. Si l’on ajoute à cela la fiabilité mexicaine dans des domaines tels que les pièces automobiles et aéronautiques et le fait que les coûts de production en Chine ne cessent d’augmenter, sans oublier les coûts de transport et le risque de non-respect de la propriété intellectuelle, le Mexique, grâce à ses traités de libre-échange avec les Etats-Unis, le Canada et l’UE, est un partenaire à ne pas négliger sous prétexte de clichés peu amènes.
Les investissements européens cumulés sont de 81,5 Mds d’USD, entre 1999 et 2010. La Belgique est en 7ème position avec 1 milliard d’USD, derrière le Danemark avec 1.4 milliard. L’Espagne est première avec 37.2 Mds investis au cours de la même période.
Au chapitre de la formation des ouvriers et des employés, s’il est vrai que le niveau d’enseignement primaire et secondaire laisse à désirer, il n’en va pas de même de l’enseignement supérieur. Ainsi l’UNAM est positionnée par le QS World University Ranking 2010 comme la meilleure université d’Amérique Latine.
L’industrie minière est un secteur à fort potentiel, vu sous l’angle de l’investissement à fort potentiel, surtout à un moment où les matériaux nécessaires aux hautes technologies ont tendance à augmenter ou à faire face à des mesures protectionnistes chinoises. En effet, la Chine a décidé de limiter les volumes exportés de façon à protéger son industrie. Le secteur minier mexicain a attiré 8.7 Mds d’USD en 6 ans, surtout le fait d’investisseurs canadiens. Les minerais exploités au Mexique sont surtout l’or et l’argent. En 2009, on enregistrait quelques 263 sociétés minières dont 198 à capitaux canadiens.
Sur la question de la propriété intellectuelle, il y a néanmoins un fort risque sur des produits tels que les parfums, les DVD et les jouets.
De son côté, le Mexique a confirmé son statut de puissance sur le nouveau continent avec des investissements qui vont d’Ushuaïa jusqu’au Canada, y compris aux Etats-Unis avec les récentes acquisitions de « Weston Foods » et de « Sara Lee » par « Bimbo », dans le domaine agroalimentaire. De son côté, le cimentier mexicain CEMEX a annoncé un investissement de 230 millions d’USD au Pérou. De son côté, l’opérateur de téléphonie mobile, propriété du richissime Carlos Slim, a annoncé des acquisitions de la Jamaïque à la terre de feu.
Même si en termes de promotion sociale, le transfert de pauvres vers la classe moyenne reste plus faible qu’au Brésil, le Mexique compte quelque 20 millions de consommateurs avec un pouvoir d’achat comparable au pouvoir d’achat européen. Sachant que le taux d’épargne est inférieur au taux d’épargne belge, à pouvoir d’achat identique, le Mexicain consomme davantage. Témoin de cet engouement pour la consommation est l’évolution du parc automobile avec surtout une progression des modèles moyenne gamme et haut de gamme y compris parmi les marques européennes, telles que Volkswagen, Audi, BMW et Mercedes, sans oublier la nouvelle MINI du groupe BMW, qui fait un véritable tabac et ce malgré des routes qui épargnent peu les belles européennes.
Peu importe, au Mexique, il faut être « in » en jeter plein la vue, quand on a les moyens, là où les Européens à situation identique (NdL : situation sécuritaire) auraient opté pour un profil bas. D’autres indices qui ne trompent pas et qui démontrent l’engouement de la classe moyennes pour les biens de consommation est la présence des grandes marques, Hugo Boss, Dior, Lanvin, …. Les marques belges telles que « le Pain quotidien », qui affiche pratiquement complet, « Samsonite » et singulièrement des marques wallonnes issue du design wallon s’en tirent plutôt bien, telles que « Fusion Table » (tables de billard), « Xaviez » (cuisines contemporaines), « Groupe JNL » (sièges et fauteuils), « Ice Watch » (montres). Ainsi le représentant de cette dernière a déjà ouvert 23 points de ventes en… 3 mois.
Avril 2012